Site Internet éco-conçu : comprendre et mettre en œuvre le Référentiel Général d’Écoconception des Services Numériques (RGESN)

19 mai 2025
EnvironnementSite web
Serveur "vert" - RGESN

En 2025, le numérique responsable n’est plus une option : c’est une nécessité pour les organisations qui souhaitent s’inscrire dans la transition écologique.

En effet, et à titre d’exemple, en 2020, le numérique représentait 2,5 % de l’empreinte carbone nationale, soit 17,2 millions de tonnes de CO₂ émises. En 2024, cette part atteint 4,4 % et 29,5 millions de tonnes de CO₂, soit une augmentation de plus de 70 % en seulement quatre ans. Un impact en forte hausse notamment lié à la croissance des centres de données et des usages numériques.

Depuis 2024, le Référentiel Général d’Écoconception des Services Numériques (RGESN) offre un cadre national pour nous guider, entreprises, administrations et institutions, dans la création de sites Internet moins polluants et donc réellement éco-conçus.

Aujourd’hui, nous vous proposons de comprendre les grands principes du RGESN et de découvrir comment les appliquer concrètement à votre projet digital, pour que votre site Internet soit aussi vertueux qu’efficace.

Comprendre le cadre : le RGESN, une référence nationale

Adopté en mai 2024, le RGESN est le fruit d’une collaboration entre l’Arcep, l’Arcom, l’ADEME, la DINUM et l’Institut du Numérique Responsable. Il propose un cadre unique, non contraignant mais fortement incitatif, pour évaluer et améliorer l’impact environnemental des sites et services numériques.

Il s’adresse aussi bien aux acteurs publics qu’aux entreprises privées, et s’articule autour de 78 à 91 critères répartis en grandes thématiques : stratégie, spécifications, architecture, expérience utilisateur, contenus, algorithmie, hébergement, cycle de vie, etc.

L’objectif ? Concevoir des services numériques plus durables, sobres et transparents, tout en limitant la contribution à l’obsolescence des équipements et en favorisant la compatibilité avec les matériels anciens.

Concevoir utile, sobre et inclusif : la phase stratégique

Évaluer l’utilité réelle du service

Avant toute chose, interrogez la pertinence de votre projet : le site répond-il à un besoin essentiel ? S’inscrit-il dans les Objectifs de Développement Durable (ODD) de l’ONU ou dans une démarche d’intérêt général ?

Il est recommandé de documenter cette réflexion dans une déclaration d’éco-conception, qui justifie la création du service et ses bénéfices environnementaux et sociaux par rapport à d’autres solutions, y compris non numériques.

Impliquer toutes les parties prenantes

Dès la conception, mobilisez un référent éco-conception (interne ou externe), sensibilisez vos équipes et assurez-vous que chaque décision technique est guidée par la réduction de l’empreinte environnementale. Le référent veille à la cohérence des choix, à la documentation technique et à la mise à jour régulière de la démarche.

Si vous faites appel à notre agence NetCURD pour créer votre site Internet, et si vous souhaitez remplir ces objectifs d’éco-conception, nous nous engageons à être votre référent sur le sujet.

Connaître ses utilisateurs et leurs équipements

Adaptez le site aux besoins réels des utilisateurs, en évitant le surplus de fonctionnalités ou de contenus inutiles.

Privilégiez la compatibilité avec des équipements anciens (jusqu’à dix ans pour les navigateurs web), limitez les exigences matérielles et assurez l’accessibilité sur des connexions bas débit. Cette approche réduit la contribution à l’obsolescence et favorise en plus l’inclusion numérique.

Mettre en œuvre la sobriété technique et fonctionnelle

Optimiser les ressources et la performance

  • Privilégiez un design épuré, limitez le nombre de polices (deux maximum, quatre variantes, moins de 400 Ko par page), et évitez les effets visuels non essentiels.

  • Réduisez le poids des pages (objectif : moins de 1 Mo par page) et le nombre de requêtes serveur (moins de 30 par page).

  • Compressez et optimisez tous les médias, évitez autant que possible les vidéos et animations décoratives, limitez la lecture automatique et donnez le contrôle à l’utilisateur sur les contenus lourds.

  • Utilisez des composants natifs (des balises HTML standard plutôt que des composants personnalisés ou des scripts tiers lourds par exemple) et des infrastructures logiciels ou bibliothèques légères (comme Svelte, Preact ou Alpine.js pour le JavaScript, au lieu de solutions plus lourdes tels que Angular ou React dans leurs configurations standards).

  • Limitez les extensions et modules à l’essentiel pour éviter d’alourdir le site.

  • Évaluez leur performance environnementale et documentez vos choix dans la déclaration d’éco-conception.

Limiter la collecte et le stockage des données

Ne collectez que les données strictement nécessaires, minimisez la durée de conservation, limitez le profilage et informez clairement les utilisateurs sur la gestion de leurs données.

Au-delà de l’intérêt écologique, prêter une attention à ces sujets est nécessaire pour être en conformité avec le RGPD. Cette démarche s’applique aussi aux données non personnelles et métadonnées.

Favoriser la compatibilité et la durabilité

  • Assurez la compatibilité avec les anciens matériels, systèmes d’exploitation et navigateurs (jusqu’à deux ans pour les navigateurs, cinq ans pour les OS).

  • Prévoyez une stratégie de maintenance et de fin de vie du site, incluant la suppression ou l’archivage des données et la publication éventuelle en open source.

  • Limitez la fréquence et le volume des mises à jour, privilégiez les mises à jour incrémentielles et informez les utilisateurs sur leur nature (corrective ou évolutive).

Mesurer, piloter et déclarer la performance environnementale

Évaluer et suivre l’empreinte environnementale

Pour toute création de produit ou service, il est recommandé d’évaluer leur impact en mettant en place des indicateurs environnementaux (consommation d’énergie, émissions de GES, consommation d’eau, etc), idéalement basés sur une analyse de cycle de vie (ACV) multicritères.

Concrètement, pour un site Internet, cette évaluation et ce suivi passent par l’utilisation régulière d’outils de mesures spécialisés (EcoIndex, Website Carbon, Greenoco…), l’analyse des résultats pour cibler les optimisations, la mise en place d’un suivi dans le temps, et l’intégration de cette démarche dans la gestion globale de votre site.

Cela permet de comprendre vos progrès, de prioriser les efforts à venir et de valoriser votre engagement auprès de vos utilisateurs, notamment via la déclaration d’éco-conception.

Choisir un hébergement responsable et transparent

Sélectionnez un hébergeur transparent sur son empreinte environnementale, engagé dans la réduction des émissions de GES et la consommation d’énergie par exemple. Privilégiez un hébergement localisé dans un pays à faible intensité carbone et utilisant des énergies renouvelables.

Chez NetCURD, nous utilisons Infomaniak et nous le proposons à nos clients. C’est un hébergeur suisse reconnu pour son engagement écologique (notamment certifié ISO 14001:2015), qui fonctionne exclusivement à l’électricité renouvelable, compense 200 % de ses émissions de CO₂, prolonge la durée de vie de ses serveurs et innove avec des centres de données refroidis sans climatisation ni eau.

Transparence et amélioration continue

Publiez une déclaration d’éco-conception, à l’image de la déclaration d’accessibilité, détaillant vos engagements, vos choix techniques et vos progrès. Réalisez des audits réguliers, mettez à jour la déclaration à chaque évolution majeure du site, et impliquez les utilisateurs dans la démarche en affichant les impacts environnementaux des fonctionnalités les plus coûteuses.

En résumé : l’écoconception, une démarche globale et évolutive

Ce que nous apprend le RGESN, c’est que l’éco-conception d’un site Internet ne se limite pas à l’optimisation technique : elle doit s’inscrire dans une démarche globale, structurée et transparente, qui s’appuie sur l’implication de toutes les parties prenantes, la mesure de l’impact environnemental et l’amélioration continue.

En adoptant les bonnes pratiques de ce référentiel, vous contribuerez nécessairement à un numérique plus sobre, plus inclusif et plus durable.

Chez NetCURD, nous pouvons vous accompagner à chaque étape de ce parcours : de l’analyse de vos besoins à la création de votre site, jusqu’à la déclaration d’éco-conception.

À retenir :

  • Évaluez l’utilité réelle et l’impact environnemental du service dès la conception.
  • Impliquez un référent écoconception et sensibilisez vos équipes.
  • Optimisez la sobriété fonctionnelle, technique et la compatibilité.
  • Mesurez, suivez et déclarez l’empreinte environnementale.
  • Privilégiez la transparence et l’amélioration continue.

Pour aller plus loin, consultez le RGESN et découvrez des ressources en ligne :

Référentiel général d'écoconception de services numériques (RGESN) - 2024

Référentiel général de l'écoconception des services numériques - Arcom

Référentiel Général de l’Ecoconception des Services du Numérique - Arcep

Numérique responsable - Ecologie.gouv.fr